INTERNATIONAL MOTOR RACE
OLLON-VILLARS
17 - 19 septembre 2010
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La
Course de Côte Historique d’Ollon-Villars est un évènement exceptionnel,
une manifestation grandiose rassemblant un extraordinaire plateau
de 350 autos et motos qui ont pour la plupart marqué leur époque
d’une empreinte indélébile. C’est grâce à la ténacité de Georges
Gaschnang, ami de John Gretener, ancien pilote et constructeur réputé, que
cette rétrospective de l’ancienne épreuve comptant pour le Championnat
d’Europe de la Montagne a pu voir le jour dans un pays pas forcément bien
disposé vis-à-vis des sports mécaniques.
C’est
pour répondre à la chaleureuse invitation conjointe d’Iris et Jean-Jacques
Thuner et d’Edouard Burkhalter que Dominique et moi prenons la route en
Direction de la Suisse pour vivre avec eux la 5ème édition de
cette rétrospective. En hommage à nos amis, j’ai travaillé
d’arrache-pied, avec l’aide précieuse de Francis Suss, sur la powder-blue
45 VC afin qu’elle soit fin prête pour cet émouvant voyage dans le temps.
Les premiers kilomètres ne se sont pas déroulés sans une certaine inquiétude :
on écoute la sonorité du pont réparé par Francis, on teste le circuit de
freinage refait dans la nuit et après une trentaine de kilomètres, on tâte
les tambours arrière pour s’assurer qu’ils ne chauffent pas ! Ouf,
tout va bien et au fur et à mesure que l’auto progresse, la fébrilité
s’estompe. 45VC avale vaillamment en 3 heures 10 les
33O kilomètres de route et c’est sous un beau soleil de fin d’été
que nous arrivons dans le parc fermé d’Ollon, accueillis à bras ouvert par
Jean-Jacques Thuner et Edouard Burkhalter. Arwed et Mike Otto, nos nouveaux
Membres d’Honneur sont présents également pour mettre à la disposition de
Jean-Jacques la TRS 928HP qu’il avait pilotée aux 24 Heures du Mans en 1961
et au volant de laquelle il fera les montées de cette mythique course de côte.
L’ambiance
dans ce parc fermé est extraordinaire. On a du mal à échanger quelques mots
tant le vacarme des échappements libres est assourdissant. L’odeur
d’huile de ricin envahit les narines et fait tourner les têtes les plus réfractaires
aux charmes des épreuves d’antan, quand les parcs fermés étaient encore
accessibles aux connaisseurs passionnés qui pouvaient approcher les pilotes
toujours prêts à entamer une conversation entre deux séances de mécanique.
On y trouve, entre autres, l’impressionnante
Stutz de 1930, la racée Maserati de Grand Prix, la véloce Alfa-Roméo 8C, la
mythique Bugatti type 35, plusieurs Riley Sport et, bien sûr, la Triumph TRS
Le Mans 928HP !



Côté
motos, de très nombreuses
anciennes machines de Grand Prix ont fait le déplacement et le plateau est
tout aussi somptueux : Norton Manx, MV Agusta 500, Honda 250 et 350,
Ducati
Desmo 350, Yamaha TR2, Suzuki 500 RG, sans oublier la Benelli 500 au guidon de
laquelle le pilote australien Kel Carruthers fit des prouesses en compétition
au début des années 70 !
On se retrouve dans un autre monde, dans une autre époque dans lesquels 45 VC se sent parfaitement à l’aise. Et c’est la tête déjà pleine de souvenirs que nous nous rendons au chalet d’Iris et de Jean-Jacques. Pour l’occasion, nous pouvons encore emprunter les 8 kilomètres du tracé en suivant la TRS avec Jean-Jacques au volant et Arwed à ses côtés ; 928 HP devant et 45 VC qui la suit dans cette superbe ascension… Nostalgie, quand tu nous tiens !


Au
Chalet des Thuner nous attend John Gretener. Les retrouvailles sont
chaleureuses. «Aïs-tou déjà préiparéi lé paacours dé la prowchaine
ViCiVi ? », me demande-t-il d’emblée avec cet accent
anglo-suisse qui le caractérise si bien !
La réponse, qui ne peut être brève, alimente une bonne partie
de la conversation d’avant-repas. J’allais conclure quand Iris nous prie
de passer à table. L’onctueuse fondue dont seuls les vrais Suisses
détiennent le secret reste encore présente dans
nos mémoires ! Et comme toujours dans ces cas-là, ces instants magiques
où chacun évoque ses souvenirs et où l’on écoute religieusement
Jean-Jacques et John parler de leur fabuleuse carrière passent bien trop
vite.
Vers
minuit, nous rejoignons une luxueuse chambre d’hôte située dans un
idyllique chalet à flanc de montagne. Après une courte nuit et un copieux
petit déjeuner, nous reprenons la route pour nous rendre au départ de la
course. Du fond de la vallée montent les rugissements des échappements
libres, à peine atténués par les brumes matinales. A Ollon nous apprenons
que John a fait un gros malaise durant la nuit, qu’il a été hospitalisé
à l’Hôpital Cantonal et qu’il se remet doucement. Ouf !
« Start
your engine, Gentlemen » ! Le
spectacle de cette rétrospective est époustouflant : on est vraiment de
retour dans les années 60. Les autos sortent une à une du parc fermé pour
se rendre sur la ligne de départ à la sortie du village. Jean-Jacques, sous
l’œil attentif d’Arwed, met
son casque, enfile ses gants, prend place dans le cockpit de 928HP et va se
ranger à son tour sous les ordres du starter. Puis
c’est au tour des motos ; on est de retour au Continental Circus avec
les Norton Manx, les Augusta MV4, les Honda multicylindres à la sonorité si
caractéristique, les Yamaha TZ 2 temps au bruit de casserole à bas régime
mais qui devient mélodieux dans les tours !


Puis nous nous rendons au haut du village pour assister au départ de la deuxième manche. Se frayer un chemin jusqu’à la ligne de départ relève du parcours du combattant, tant la foule est dense. Mais la récompense est belle et c’est de mon petit perchoir que seront faites certaines des plus belles photos du week-end.
Le
soir venu, un pantagruélique buffet nous attend dans un des palaces de
Villars. L’ambiance y est festive et les commentaires, plein d’éloges,
vantent l’excellence de l’organisation.


Le Dimanche matin, nous assistons à une ultime montée. Après avoir rendu une dernière visite à John dont l’état s’améliore de façon rassurante, pris congé de nos hôtes et salué Arwed et Mike, nous reprenons la route pour l’Alsace, avec de multiples souvenirs qui datent d’une époque depuis longtemps révolue.


Mais déjà rendez-vous est pris : nous nous retrouverons tous à Morges le 2 octobre pour participer à cette belle fête qui honore cette année les quatre-vingts ans de la marque Triumph.
Texte et photos: Daniel MELLE
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